Délais de paiement entre professionnels : ce que dit la loi.

Un syndic, un promoteur ou une entreprise générale qui « paie à 90 jours parce que c'est comme ça » est, dans la plupart des cas, hors la loi. Voici les règles exactes — et les leviers qu'elles vous donnent.

Les trois plafonds à connaître

Sans accord particulier : 30 jours

À défaut de clause dans le contrat ou le devis, le règlement est dû 30 jours après l'exécution de la prestation (ou la réception des marchandises). C'est le régime par défaut de l'article L441-10 du Code de commerce.

Avec un délai convenu : 60 jours maximum

Les parties peuvent convenir d'un délai, mais il ne peut pas dépasser 60 jours à compter de la date d'émission de la facture. Une clause « paiement à 90 jours » imposée par un client professionnel est nulle — et l'imposer est passible d'une amende administrative.

La variante : 45 jours fin de mois

Par dérogation et si le contrat le prévoit expressément, le délai peut être de 45 jours fin de mois à compter de l'émission de la facture. C'est un plafond, pas un droit automatique : il doit être écrit.

Ce qu'un retard vous doit, automatiquement

Les pénalités de retard courent dès le lendemain de l'échéance

Sans rappel ni mise en demeure nécessaires. Le taux est celui de vos conditions (au minimum trois fois le taux d'intérêt légal) ; si votre facture ne mentionne rien, c'est le taux de la BCE majoré de 10 points qui s'applique. La mention des pénalités sur la facture est elle-même obligatoire.

40 € d'indemnité forfaitaire par facture en retard

L'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement (article D441-5 du Code de commerce) est due de plein droit pour chaque facture réglée en retard, à condition de figurer dans vos mentions de facturation. Si vos frais réels de recouvrement dépassent 40 €, une indemnisation complémentaire peut être demandée sur justificatif.

Et avec un particulier ?

Les plafonds ci-dessus ne s'appliquent qu'entre professionnels. Avec un particulier, ce sont les conditions de règlement de votre devis signé qui font foi : échéance, acompte, solde à réception. D'où l'intérêt de les écrire précisément plutôt que de laisser un flou.

En pratique, pour un artisan

  • Portez une date d'échéance explicite sur chaque facture — « paiement à réception » est flou, « échéance le 15/09 » ne l'est pas.
  • Vérifiez que vos factures mentionnent le taux de pénalités et l'indemnité de 40 € : sans ces mentions, vous perdez vos deux meilleurs leviers de relance.
  • Relancez tôt et calmement : la méthode complète est dans le guide relancer une facture impayée sans se fâcher.
Ces informations sont données à titre indicatif et ne constituent pas un conseil juridique. Certains secteurs ont des délais dérogatoires spécifiques ; en cas de litige, rapprochez-vous d'un professionnel du droit.

La loi vous donne les leviers. Encore faut-il relancer.

Relance Sereine surveille vos échéances chaque matin et prépare des relances au bon ton, que vous validez d'un clic. Les factures rentrent sans que vous ayez à trouver les mots ni le moment.

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